Jules Verne et l'ésotérisme (1)

Jules Verne

Mon père est né le 17 octobre 1890, il avait donc 15 ans à la mort de son oncle Jules Verne. Il m’a souvent dit que Jules Verne n’aimait pas les enfants. Le bruit, la bougeotte, tout cela le dérangeait… Il avait des maux de têtes qui le faisait souffrir.

On s’imagine bien pourtant le patriarche à barbe blanche avec des enfants autour de lui, et racontant des histoires merveilleuses… Pas du tout !  Mon père se souvenait surtout de ses coups de canne sur ses mollets …

 J’ai voulu en savoir plus et j’ai rencontré Charles-Noël Martin. C’est un chercheur scientifique atomiste qui a consacré sa thèse à Jules Verne. Il a aussi écrit une brillante biographie qui est extrêmement bien documentée. Lorsque je lui ai demandé pourquoi mon grand-oncle avait cette réputation d’écrire pour les enfants, il m’a répondu que c’était à cause de son éditeur Hetzel : Il tenait absolument à son public de « mioches » et l’on n’imagine pas à quel point Jules Verne essayait de se battre pour ses héros.

 Car en fait Jules Verne était un grand bourgeois… anarchisant. Il était aussi révolté  contre la société et ses romans sont souvent des romans de révolte… cachée. Notamment, le capitaine Nemo qui se met au ban de la société, qui la fuit. Hetzel l’obligeait à réécrire ses romans puisqu’ils devaient s’adresser à des enfants. Il ne voulait pas, par exemple, que le capitaine Nemo soit un pirate, qu’il torpille un navire anglais, ni que l’on voit des marins en train de se noyer.

On peut s’interroger sur l’honnêteté de cette démarche, car l’œuvre de Jules Verne s’en est trouvée infléchie vers les enfants alors qu’il écrivait, à l’origine, pour les adultes. Mais je sais qu’il a été « inspiré » pour écrire en pensant aux deux extrêmes : les enfants, qui peuvent lire au « premier degré »… et les « initiés » qui doivent chercher beaucoup plus loin que les mots. Car, parlons un peu de la partie cachée de l’iceberg…