N.D.E. : 1950 (4)

Mon premier mari, Fred Brauer de New-York, un illustrateur très prisé aux Etats-Unis d'Amérique. (photo de 1946)

Franchement, cette idée ne m'enchante pas vraiment. Seule la curiosité gémélienne m'incite à tenter à nouveau cette expérience. Je m'étends au dessus de ce corps, enfile une jambe après l'autre, mes bras cherchent désespérément à s'étirer. Curieux ! J'ai l'impression inconfortable d'entrer dans un costume de plongeur deux tailles trop petites. Mais le plus difficile c'est la tête : cette capuche minuscule n'est plus à ma mesure, l'incarnation est très douloureuse.

Soudain, je refuse :

- Non... non ! Je ne veux pas retourner là-bas ! Par pitié, non ! Laissez-moi revenir avec vous. Je me suis trompée ! C'est horrible ! J'ai mal ! Laissez moi près de vous ! Par pitié... je veux revenir... je veux revenir...

- Depuis combien de temps hurle-t-elle comme ça ?

- Au moins dix minutes, Monsieur. Impossible de la réveiller, dois-je lui donner un calmant ?

- Surtout pas, elle peut retomber dans le coma. Je vais lui administrer la vraie manière : une bonne paire de claques, ça va la réveiller ! Allons, Mrs Brauer, on se calme.

- Je veux revenir... je veux revenir...

- Oui, vous y êtes, vous êtes revenue avec nous... Ah ! la voilà, elle ouvre les yeux.

- Où suis-je ?

- À l'Hôpital Roosevelt à New-York. Vous avez dû faire un sacré cauchemar !

- Je veux voir mon fils.

- Votre fils ? Je croyais que vous vouliez une fille ? Je ne savais pas comment vous annoncer un fils ! Il est superbe, huit livres cinq ! Je vais vous le chercher.

- Non, plus tard. Je veux que vous notiez un rêve que j'ai fait. J'ai peur de l'oublier.